Enquête « Sex Drive »

Recherche30 août 2006

Enquête en ligne sur le désir au masculin

Un nouveau regard sur la prise de risques parmi les gays et ses déterminants psychologiques

Nous avons initié en partenariat avec l’Institut de Recherche I-PSR, le site Internet Citégay, une étude sur l’impact du désir sexuel dans les prises de risque face au VIH.

Remerciements à Philippe ADAM, et John DE WIT

Cette étude est la première enquête interactive d’envergure menée en France auprès du public des gays internautes. Entre juin et octobre 2004, une bannière portant le slogan « Testez votre sex drive en ligne et aidez la recherche » invitaient les internautes visitant les sites de Citégay, du SNEG ou de l’I-PSR à répondre à un questionnaire en ligne de 359 questions. Près de 3000 homo et bisexuels masculins ont participé à l’enquête. La population recrutée est différente de celle des « enquêtes presse gay » ou « baromètre gay » : plus jeune, bien plus active sexuellement, mais aussi bien plus souvent engagée dans des rapports non protégés. De ce fait, les répondants expriment une forte demande non seulement d’informations factuelles sur la prévention, mais de conseils voire, dans certains cas, d’aide et de soutien.

L’originalité de l’étude est d’étudier non seulement les pratiques et les besoins préventifs des personnes, mais aussi les dimensions subjectives de la sexualité, de la prévention ou de la prise de risque. L’enquête montre à partir de scénarios posés aux gays sur leurs intentions que ceux qui ont l’intention de prendre des risques dans le futur restent minoritaires. I-PSR propose d’utiliser un nouveau paradigme pour dépasser un débat qui se focalise sur le « bareback » et pour prendre en compte des mécanismes beaucoup plus diffus et moins intentionnels de prises de risques. L’idée est la suivante : bien que n’ayant pour la plupart pas l’intention de prendre des risques, les gays se retrouvent aujourd’hui très souvent engagés dans des situations où l’opportunité d’avoir un rapport non protégé se présente. L’enquête permet de cerner les facteurs psychologiques et psychosociologiques qui influencent le fait d’être prêt à accepter le risque dans certaines situations : il s’agit de la démotivation face au safer sex, de la complaisance à l’égard des rapports non protégés, de l’optimisme face aux nouveaux traitements, des désirs ou besoins sexuels impérieux et de l’engagement dans des situations à fort niveau d’excitation sexuelle et enfin de la dépression qui rend les individus très vulnérables. Les connaissances produites dans le cadre de l’enquête permettent donc de renouveler le cadre de la recherche sur la sexualité et la prise de risque parmi les gays et offrent également de nouvelles pistes pour la prévention.

Le SNEG entend également mieux répondre aux besoins préventifs des gays qui font des rencontres sur Internet et propose de mettre en chantier le projet d’une Charte de Responsabilité des sites de rencontre calquée sur celle qui existe déjà dans les établissements commerciaux depuis 1995.

Les campagnes issues de l’enquête

Proposition de campagne de prévention abordant trois situations de vulnérabilité face au risque mises en évidence dans l’enquête « Testez votre sex drive ». L’idée de la campagne de décembre 2004 est d’utiliser les connaissances produites dans le cadre de l’enquête en ligne sur le désir au masculin. Plus précisément, il s’agit d’aider les gays à prendre conscience des situations dans lesquelles ils sont les plus vulnérables au risque de transmission des IST et du VIH et de les doter d’intentions et de stratégies permettant de faire face à ces situations. En terme de ressort de communication, les phases suivantes peuvent être distinguées :

  1. Faire prendre conscience de la réalité d’un problème (en s’appuyant sur une présentation simplifiée des chiffres de l’enquête) et prendre position par rapport à cette réalité ;
  2. Aider la personne à prendre conscience de sa propre vulnérabilité dans certaines situations spécifiques ;
  3. Inciter la personne à anticiper la survenue de ces situations mais aussi à planifier – avant de sortir – l’utilisation du préservatif si les situations spécifiques ciblées par la campagne surviennent ;
  4. Présenter le préservatif comme la meilleure protection dans les situations où l’on est le plus vulnérable et le moins à même de prendre des décisions face à la prévention.

L’idée est donc se passer à un niveau de communication plus fin que celui qui était utilisé jusqu’ici dans les campagnes de prévention. Par ailleurs, il s’agit de répondre à la demande suivante clairement exprimée par les répondants de l’enquête sur le désir : leur fournir non seulement des informations sur le VIH et les IST, mais véritablement des conseils pour mieux gérer la prévention et affronter des situations face auxquelles les gays se sentent parfois démunis.

Source : Enquête 2004 sur le désir au masculin menée par le Sneg , l’I-psr et Citégay auprès de 3000 gays.

Fait à Utrecht, Pays-Bas, le 18 octobre 2004.

Dr. Philippe Adam, Institute for Psycho Social Research

Télécharger la 1ère partie de l’enquête

Télécharger la 2ème partie de l’enquête

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