PREVAGAY : Article de TRIBU MOVE

Communiqués 2015, Recherche20 octobre 2015

PREVAGAY : Participez à la lutte contre le Sida et les autres IST

Interview Patrick Declein – TRIBU MOVE

Prevagay 2015 - afficheToujours à la pointe en matière de prévention et de lutte contre le SIDA et les IST, l’ENIPSE (Équipe Nationale d’Intervention en Prévention et Santé pour les Entreprises) part à votre rencontre ! Une grande enquête est lancée sur le terrain, PREVAGAY, afin d’améliorer les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge des personnes. Totalement anonyme, cette enquête aura lieu dans 5 villes : réservez-leur le meilleur accueil à Lille (jusqu’au 15 Novembre) et Paris (du 5 Novembre au 13 Décembre). Antonio Alexandre (directeur de l’ENIPSE) nous explique l’importance d’y participer !

PREVAGAY cela signifie quoi et surtout qu’est-ce que c’est ?

PREVA = PREVALENCE, c’est comme une photo à un instant  donné de la santé d’un groupe de personnes dans une population.

PREVAGAY, C’est donc une recherche qui croise deux volets : l’un bio-médical et et l’autre comportemental pour avoir une idée plus précise de la réalité épidémiologique de l’infection pour le VIH et des hépatites B & C parmi les gays qui fréquentent nos lieux de convivialité dans 5 villes en France (Nice, Montpellier, Lyon, Lille et Paris). C’est la 2ème fois qu’est réalisée cette recherche en France, la 1ère s’est déroulée en 2009 au sein uniquement des lieux de conviviliaté gays parisiens. Il est important d’actualiser et d’élargir le champ des données collectées.

Le recueil de ces informations est réalisé par un auto prélèvement anonyme de quelques gouttes de sang sur un buvard suivi d’un auto-questionnaire anonyme. Il ne s’agit pas d’une action de dépistage, aucun résultat individuel n’est possible.

Quels sont les objectifs de cette enquête ?

D’abord, cette étude sur la santé et la sexualité est totalement anonyme pour les personnes bien sûr, mais aussi pour les lieux commerciaux qui ont accepté de se mobiliser afin de nous recevoir.

Elle est menée par mon équipe (ENIPSE) sur le terrain et celle d’Annie Velter de l’INVS (Institut de Veille Sanitaire).

Comme je l’ai évoqué, c’est une étude de prévalence de l’infection à VIH et des hépatites associée à des données comportementales. Par rapport à 2009, de nouvelles problématiques sont explorées dans l’auto-questionnaire et les autoprélèvements comme la charge virale indétectable, la PrEp, le TPE , l’importance de mobiliser les réseaux sexuels  par la compréhension de leur  influence sur l’épidémie VIH et enfin l’usage de produits psychoactifs durant les rapports sexuels.

Quelle est l’importance pour les gays d’y participer ?

Comme il ne s’agit en aucun cas d’une action de dépistage individuelle, la participation de tous les gays est importante,  que les personnes se sachent  séropositives, séronégatives ou qu’elles ne connaissent pas leur statut sérologique pour le VIH. Nous nous intéressons à tous les statuts et toutes les pratiques par le biais du questionnaire.

D’abord c’est un avantage collectif pour nous tous, car nous restons la population la plus touchée par le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles (IST). Ensuite, cela va permettre de disposer de données actualisées sur la situation épidémiologique et comportementale, afin d’améliorer les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge des personnes. Enfin, une participation importante va contribuer à faire avancer la santé communautaire car chacun pourra donner son avis.  Les résultats vont permettre de réaffirmer l’importance de maintenir les moyens pour lutter contre le VIH et les autres IST, de développer les dispositifs permettant d’accèder à tous les outils de la prévention combinée. Dans certaines régions la lutte contre le sida n’est plus une priorité.

Une nouvelle fois, vous innovez en vous rendant sur le terrain (5 villes dont Paris). Vous allez au contact des gens, cette démarche semble à vos yeux importante !

Ces actions de grande proximité avec les personnes dans les lieux festifs, nous avons l’habitude de les réaliser au quotidien partout en France. Cela nous permet d’avoir une meilleure connaissance des besoins en matière de santé des personnes qui fréquentent nos lieux commerciaux partenaires, notamment les lieux de sexe, qui en région sont de plus en plus multisexe ou multi-orientation sexuelle   ;  mais aussi de chercher à adapter nos dispositifs prévention, d’essayer de garder un esprit novateur nourri par ces échanges que nous avons avec les exploitants, les salariés et la clientèle.

En quoi connaître le nombre de gays infectés par le VIH et les hépatites B et C va vous aider ?

Avoir une idée plus précise de la prévalence du VIH et des hépatites,  savoir comment les gays vivent leur sexualité  nous aide à faire évoluer les politiques publiques et de prise en charge de santé des gays.

Que vont vous permettre de réaliser ces données en matière de prévention, de dépistage et de prise en charge ?

Les résultats actualisés  vont apporter un éclairage sur les prises de risques et la manière dont pourrait faire évoluer la mise à disposition de traitement post et pré exposition au VIH. Cela va concourir aussi à inciter les personnes à se dépister plutôt et à réaliser qu’il n’y a pas que le VIH mais aussi les hépatites. Et puis de favoriser ces connaissances auprès des gays grâce à ce type de d’étude  permet de les sensibiliser à l’importance de l’observance du  traitement, notamment pour une charge virale indétectable  afin ne plus être contaminant. C’est un élément important pour une bonne qualité de vie affective et sexuelle avec son ou ses partenaires.

Vous aviez réalisé pour la première fois cette enquête à Paris en 2009. Concrètement, qu’est-ce que cela vous a permis de faire après en matière de prévention : mieux connaître les habitudes sexuelles des gens, mieux cibler la communication…

A paris en 2009, l’étude a montré que de nombreuses personnes ayant déclaré être séronégatives  ignoraient en fait qu’elles étaient séropositives. Cela a favorisé le déploiement en France  par les associations  de la mise en place d’actions de santé sexuelle avec une offre de dépistage rapide dans les lieux commerciaux,  mais aussi dans la rue ou sur les lieux extérieurs de drague dans des bus médicalisés.

Vous dressez un tableau noir de la situation : vous alertez une nouvelle fois la communauté sur le fait que depuis 2003, elle reste la plus touchée par le VIH, le nombre d’IST (syphilis…) ne cesse d’augmenter et le port du préservatif est en recul. Que pouvez-vous faire pour inverser cette courbe ?

Ce pauvre préservatif ! Je reconnais qu’en parler devient très compliqué et que parfois les acteurs de prévention ne sont pas tendres entre eux. Ainsi l’ENIPSE, s’est fait interpeller dernièrement sur les réseaux sociaux sur une de ses campagnes « en attendant ton prince mets des capotes », en invitant aimablement notre équipe à revoir son épidémiologie.  Aujourd’hui l’importance des traitements sur l’épidémie du VIH pour une personne séropositive ou séronégative  est incontestable.  Les enjeux restent comment accompagner une personne séropositive dans une bonne adhésion à son traitement et dans sa santé sexuelle afin de garder une charge virale indétectable pour ne pas ou être moins contaminant ; mais aussi comment une personne séronégative va articuler demain sa prévention entre la capote et éventuellement la prise d’un anti rétroviral pour un rapport sans protection. Je rappellerai juste les l’explosion des IST, de le risque de la toxicité des antirétroviraux sur une personne non séropositive à moyen terme. C’est pourquoi la mise en place de centre de santé sexuelle comme  le 190 à Paris est essentielle pour une qualité de prise en charge et d’accompagnement des personnes.  Quant à la sainte capote, elle  reste l’outil le plus simple d’utilisation et nous continuerons avec les exploitants qui les financent  à les mettre en place dans les nos lieux, près de 3,4 millions de capote ont été distribués en libre service en 2014.  Nos campagnes chaque fois que nous pourront le faire valorisera l’utilisation du préservatif auprès des gays dans le cadre de relation multipartenaires anonymes.

D’après votre enquête de 2009, 20% des personnes interrogées ne connaissaient par leur statut sérologique, la moitié pensait être séronégatif alors qu’ils étaient séropositifs. Que peut-on faire pour que les gays fassent un dépistage ?

 Il faut poursuivre la mise en place d’action  de promotion de la santé et de santé sexuelle avec ou sans offre de dépistage rapide dans les lieux commerciaux. De promouvoir l’offre de dépistage sur l’ensemble du territoire auprès des personnes, c’est ce que nous faisons auprès des répondants de l’enquête PREVAGAY par exemple. Nous devons aussi familiariser les personnes lors de nos actions avec l’utilisation des autotests.

Plus d’info www.prevagay.fr

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