Tribu Move : Antonio ALEXANDRE

A la une, Communiqués 2018, Presse13 juillet 2018

L’ENIPSE (Équipe Nationale d’intervention en Prévention et Santé pour les Entreprises) est l’ancienne association historique le SNEG, créée en 1990.
Cet été, l’ENIPSE, va comme tous les ans devoir informer en conséquence et peut-être même plus que d’habitude … Entre les Gay Games, qui seront dans la Capitale du 4 au 12 Ao0t, et les plans ChemSex (sexe sous drogue), qui sont un fléau dans le milieu gay et provoquent une vague de décès, l’ENIPSE a plus que jamais du pain sur la planche!
Antonio Alexandre (directeur national) et Cédric Péjou (délégué de la région Île-de-France) nous dévoilent leurs actions sur le terrain durant les Gay Games.

Bonjour Antonio Alexandre,

  • Peux-tu me rappeler brièvement ce qu’est l’ENIPSE ? Peut-être que certaines personnes ne connaissent pas…

L’ENIPSE est l’ancienne association historique « LE SNEG » (Syndicat Nationale des Entreprises Gaies), créée en 1990. En 2013 l’association a opéré une séparation juridique et financière de ses activités prévention et syndicale. Cette dernière à été placée dans une nouvelle structure baptisée « SNEG & Co » et a rejoint le Syndicat l’UMIH. L’ENIPSE signifie Equipe Nationale d’Intervention en Prévention et Santé pour les Entreprises.

 

  • L’ENIPSE sera plus que jamais présent lors des Gay Games qui se dérouleront à Paris du 4 au 12 aout. Quelles seront vos actions durant cet événement ?

Coordonnée par Cédric Pejou, notre équipe parisienne a créée pour l’occasion, une action spécifique de prévention « Les jeux de l’amour… jouez diversifié ! ».

L’idée de ce projet est de renouer avec la tradition du spectacle, du show tout en diffusant des messages de prévention. Une équipe d’artistes engagés et de militants LGBT+ vont animer les rues du marais, les lieux commerciaux, le village des Gays Games, place de l’Hôtel de Ville, tout au long de l’évènement.

Nous allons également ouvrir un « Health Point » (Point Santé), en partenariat avec le CeGIDD (Centre gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic) de l’Institut Alfred Fournier.

Nous proposerons une offre de santé élargie avec l’équipe médicale multilingue sans RDV de 18h a 21h : Traitement rapide des Infections Sexuellement Transmissibles, Dépannage PrEP / Traitement antirétroviral, Accès facilité au Traitement d’urgence TPE, Orientation dans vos démarches santé, Dépistage rapide (sur demande) VIH, VHC, Syphilis. Enfin, un partenariat va être  établi également avec 4 pharmacies de proximité avec des horaires adaptés.

  • Quels seront vos défis aussi ? Parce que 12 000 compétiteurs de 80 pays sont attendus ainsi que 300 000 bénévoles… Cela fait beaucoup de monde à gérer, non ? D’ailleurs, où serez-vous installés durant cette période ?

Les défis sont d’apporter notre contribution aux organisateurs pour faire en sorte que l’évènement soit une réussite, mais aussi d’offrir aux participants qui en auront besoin une permanence de santé sexuelle la plus complète possible grâce à l’équipe du Dr Tosini du CeGIDD de Fournier.

Ce point santé éphémère sera situé au 10 rue Rambuteau dans le 3ème  (Métro Rambuteau/Hôtel de ville)

Ce lieu est mis à notre disposition par les gérants des salons « Space Hair », il s’agit du salon « Cosmic ». Le salon « Classic » au 8, est lui ouvert pendant cette période.

J’en profite pour remercier toute l’équipe de bénévoles de l’association Paris2018 qui depuis de longs mois se mobilise pour que cet évènement se déroule à Paris, l’inclusion et le dépassement de soi de tou.te-s par le sport et la culture.

 

  • Quelles actions mènerez-vous en parallèle à ces Gay Games durant l’été sur toute la France ? Car l’été est toujours une période de relâchement et une période propice aux relations sexuelles…

A Paris comme en région, nos actions traditionnelles autour de la santé sexuelle vont se poursuivre tout l’été, offre de  dépistage VIH/VHC, consultation PrEP, café sexo mais aussi des permanences psy, sophrologie…

 

  • Autre actualité importante. Le débat autour de la Prep.  Ne faudrait-il pas, comme en Angleterre, tenter de mettre tous les gays sous Prep pour enrayer la contamination de VIH. En Angleterre, on a noté une baisse de contamination du VIH de 40 à 50%. Quel est votre avis là-dessus et comprenez-vous pourquoi cette décision divise autant en France ?

Il faut cesser de s’affronter sur cette question, nous devons donner tous les moyens aux gays de s’informer en pleine conscience et de choisir ce qui est le mieux pour lui. Nous devons promouvoir l’ensemble de la prévention combinée* et accompagner dans le cadre des consultations communautaires ceux qui ont fait le choix de la PrEP.

La promotion de  la PrEP ne veut  pas dire que ceux qui ont fait un autre choix doivent être privés de l’accès à la capote.   Chacun doit pouvoir choisir librement son mode de protection et éventuellement pouvoir en changer en fonction de ses rencontres de vie.

*Dépistages réguliers tous les 3 mois, du VIH des infections sexuellement transmissibles, des hépatites, faire le point sur ses vaccinations.

*TasP (Traitement comme prévention) une personne séropositive n’est plus contaminante si elle a une charge virale indétectable, contrôlée par une bonne observance des traitements VIH.

*TPE (Traitement Post Exposition) en cas de rupture de préservatif ou de relation non protégée avec des partenaires inconnus dont on ignore la sérologie.

*Préservatif, qui reste le socle de cette prévention combinée. Le seul moyen de se protéger à la fois du VIH et des IST.

*PREP – Prophylaxie Pré-Exposition, pour les personnes séronégatives avant et après des rapports sexuels non protégés. La PrEP comme le TPE ne protège pas des autres IST.

 

  • Parlons maintenant de ce fléau que sont les « plans Chems ». Les amateurs du genre sont omniprésents sur les sites de rencontre. Pouvez-vous nous expliquer les dangers de cette nouvelle mode sexuelle et aussi, quels sont les moyens s’ils existent, de lutter contre ?

Nous assistons à une vague de décès sans précédent liés à la prise de drogues parmi des proches, des connaissances ou des plans cul, à Paris ou en région. Beaucoup se sont émus sur les réseaux sociaux,  d’une situation qui semble hors de contrôle et sur laquelle il règne une certaine omerta. Beaucoup d’associations se mobilisent sur cette thématique pour une prise en charge des personnes (Institut Alfred Fournier, le 190, AIDES etc..).

Ce n’est pas dans le jugement ou la répression que nous résoudrons cette situation, mais dans l’accompagnement des personnes dès lors qu’elles font la demande d’être aidées . Nous devons poursuivre la création d’actions, d’outils spécifiques d’information à la réduction des risques liés à l’usage de produits notamment dans un cadre sexuel.

 

  • Comment avez-vous vu évoluer la sexualité chez les gays qui semble de plus en plus intense. Entre partouze, plan à plusieurs, etc.

La sexualité chez les gays a toujours été intense et créative avec ou sans produits. Néanmoins avec l’arrivée des applications, la sexualité est devenue plus présente et plus immédiate. L’avantage est que les négociations de plan peuvent se faire en amont pendant le Chat ; ce qui peut permettre un temps de réflexion, pour accepter ou pas de repousser ses limites sexuelles lors de cette rencontre.

 

  • Quels sont les prochains combats / engagement pour l’ENIPSE ?

Mon équipe  anime un réseau de quelques 800 lieux commerciaux LGBT+ dont 160 lieux libertins et sans oublier nos permanences hebdomadaires sur une dizaine de sites de rencontre ou applications. Cette animation de notre réseau festif commercial reste une priorité, il est le socle fondamental autour duquel se construisent nos actions basées sur l’observation du terrain. Ainsi grâce à la mobilisation des exploitants et de leurs équipes autour de la lutte contre le VIH, les autres IST et les hépatites, nous avons créé de nombreuses actions différentes en fonction du lieu. Une palette qui couvre de nombreux champs de la santé sexuelle à la santé mentale. Ces nouvelles actions peuvent s’intégrer dans le parcours de prévention mais aussi du soin du patient, comme l’éducation thérapeutique, les groupes de paroles, ou la sophrologie.

 

  • Que faire pour que les gays retrouvent la notion de la contamination au VIH et de ce que ça peut entrainer. Pour eux, il y  a la Prep et on n’en meurt plus…

La PrEP, mais aussi le TASP ont changé les notions de risque auprès des gays. Nous devons continuer à adapter nos discours en partant des personnes, de leurs histoires de vie, car oui le préservatif ne suffit pas et que la PrEP ou le TASP permettent de retrouver une certaine liberté sexuelle pour les hommes séronégatifs ou séropositifs. Il n’y jamais eu à la disposition des gays  autant d’outils et de dispositifs pour prendre soin de leur santé sexuelle.  Qu’ils soient en région ou à Paris, ils peuvent décider de se faire dépister très facilement en se renseignant auprès d’une association communautaire pour bénéficier d’un test rapide, ou encore de se rendre dans un CEGIDD les nouveaux centres de dépistage qui ont vocation à aborder plus largement la question de la santé sexuelle avec des médecins, mais aussi des sexologues, des psychologues et aussi des acteurs associatifs  dans certains endroits.

 

  • Bravo pour vos actions… Et si vous avez une dernière chose à ajouter, n’hésitez pas.

I=I – Indétectable = Intransmissible / U=U Undetectable = Untransmittable

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