Campagne de prévention intégrant la perspective des personnes séropositives

Communiqués 200619 octobre 2006

Campagne PercuteDepuis la fin des années 1990, la fréquence des rapports non protégés a considérablement augmenté parmi les homos- et bisexuels masculins*. Ce phénomène, qui atteste d’une banalisation de la prise de risques, est encore plus marqué chez les gays séropositifs** que chez les gays séronégatifs. Les diverses campagnes et actions de prévention initiées pour remédier à cette situation ont connu des succès limités. Si certains gays séropositifs accordent peu d’intérêt aux messages classiques de prévention, c’est surtout parce qu’en se focalisant uniquement sur l’impératif de limitation de la transmission du VIH à des personnes séronégatives, la prévention s’est peu occupée de la situation spécifique et des attentes des gays séropositifs. Ce faisant, la prévention a oublié de donner aux gays séropositifs les véritables arguments qui justifient à eux seuls un changement radical d’attitudes et de comportements : « même séropositif, on met sa vie en danger ».

Pour tenter remédier à cette situation, le Syndicat National des Entreprises Gaies (SNEG) lance une nouvelle campagne de promotion de la santé sexuelle construite à partir de la position du séropositif. Avec l’accroche « PERCUTE, baiser sans capote = risque pour le séropo comme le séroneg » , cette campagne met en garde contre les attitudes trop complaisantes face aux rapports non protégés. Alors que de nombreux séropositifs considèrent que les rapports non protégés ne comportent plus aucun risque pour eux, la campagne Percute fait le point sur les risques avérés qui existent pour le séropositif ayant des rapports sans protection, y compris avec d’autres hommes séropositifs.

L’idée centrale de la campagne proposée par le SNEG en collaboration étroite avec l’institut de recherche et de prévention IPSR est de changer la perception des risques du séropositif. Des preuves médicales incontestables montrent les effets potentiellement désastreux de la sur-contamination par une autre souche VIH, de la coïnfection par une IST ou encore de la coïnfection par l’hépatite C, première cause de mortalité parmi les séropositifs. La campagne met donc en avant les bénéfices individuels très directs que les hommes séropositifs tireront de l’utilisation systématique du préservatif avec leurs partenaires séronégatifs ou séropositifs. Se protéger systématiquement lorsqu’on est séropositif, c’est mettre toutes les chances de son côté : lutter contre la détérioration de son système immunitaire, favoriser l’efficacité de son traitement afin de préserver son capital santé.

La campagne est visible sur le site www.enipse.fr. Elle sera déclinée en cartes postales et en affiches mises en place dans les lieux gays commerciaux. Un kit Internet sera également disponible afin d’assurer une large diffusion sur de nombreux sites Internet gays.

* Chiffres Baromètre Gay depuis 2000 (INVS, AIDES, SNEG)

  • Répondants se définissant homo : En 2000, 33% des répondants se déclarant homosexuels ont eu au moins une pénétration anale non protégée dans les 12 derniers mois, en 2002, 37% et en 2005, 36%
  • Répondants se définissant bi : En 2000, 31% des répondants se déclarant bisexuels ont eu au moins une pénétration anale non protégée dans les 12 derniers mois, en 2002, 34% et en 2005, 30%
  • Répondants se déclarant séropositifs : En 2000, 56% des répondants se déclarant séropositifs ont eu au moins une pénétration anales non protégée dans les 12 derniers mois, en 2002, 58% et en 2005, 63%