Campagne de prévention du VIH destinée aux gays en couple, notamment les plus jeunes

Communiqués 200726 avril 2007
Le SNEG Prévention et l’Institut de recherche sur la prévention IPSR lancent conjointement une nouvelle campagne de prévention du VIH destinée aux gays en couple, notamment les plus jeunes.La campagne se décline sous deux thèmes :
– celui de la prévention dans le cadre d’une nouvelle relation stable ;
– celui de la sexualité de couple ouverte sur des relations occasionnelles.La campagne sera menée via des cartes postales avec des conseils explicites destinés aux couples aux dos de celles-ci et des affiches largement diffusées dans les établissements commerciaux gays français. Une déclinaison de la campagne aura également lieu sur Internet, un kit étant proposé aux sites souhaitant relayer les deux messages.

L’idée est d’alerter les gays et, plus encore les jeunes gays, sur les risques liés à l’abandon hâtif du préservatif dans un couple nouvellement constitué. La campagne incite les gays à prendre du temps avant d’envisager l’abandon du préservatif avec un nouveau partenaire stable et surtout à engager avec lui une discussion préalable sur les éventuelles prises de risques avec des partenaires antérieurs et sur la nécessite de faire un test de dépistage du VIH. De la même façon, cette campagne alerte sur les risques liés à une sexualité ouverte sur des rencontres extérieures qui se déroulerait sans accord préalable entre les partenaires stables.

Cette campagne entend favoriser le dialogue dans les couples au sujet de la sexualité et de les aider à passer les bons accords qui vont ainsi préserver la construction du couple. Les (jeunes) hommes ayant des partenaires extérieurs sont incités à s’engager envers leur partenaire stable à se protéger systématiquement à l’extérieur du couple et à rapporter toute prise de risque éventuelle. Cette ouverture de la parole va aussi favoriser la complicité et permettre aux gays en couple de mieux vivre leur sexualité tout en préservant leur santé.

La prévention du VIH s’est jusqu’ici assez peu préoccupée des couples gays. Il fallait remédier de façon urgente à cette situation car plusieurs études française et étrangère indiquent que de nombreuses contaminations par le VIH interviennent entre partenaires stables en début de relation ou parmi ceux qui s’engagent dans une relation ouverte sur les rencontres extérieures.

Ce phénomène pourrait être encore plus fréquent chez les jeunes gays, d’où le choix de cibler la campagne sur ce public. Les données de l’enquête « Testez votre sexe drive » conduite en 2004 par IPSR pour SNEG Prévention auprès de 3300 internautes gays apportent des données comportementales originales qui expliquent la situation épidémiologique. Le sociologue Philippe Adam, directeur d’IPSR et responsable scientifique de l’enquête commente : « Parmi les hommes engagés dans des couples gays où aucun des deux partenaires ne se sait séropositif, les deux tiers ont eu des rapports anaux non protégés avec leur partenaire stable. Parmi ces gays qui ont des rapports non protégés avec leur partenaire stable, trois sur dix rapportent avoir simultanément pris des risques avec des partenaires occasionnels. Or, les données indiquent que la vérification du statut sérologique après une telle prise de risque à l’extérieur du couple est loin d’être une pratique courante : en effet, elle n’a eu lieu que dans un tiers des cas. Après un dérapage à l’extérieur du couple, les gays exposent donc leur partenaire stable au risque de contamination par le VIH dans les deux tiers des cas ! Ceci intervient le plus souvent sans que le partenaire n’en soit le moins du monde informé ».
Une méta-analyse conduite par IPSR sur les barrières au dépistage du VIH suggère que l’absence de dialogue préalable sur la sexualité à l’extérieur et la peur du conflit pourraient être les raisons principales expliquant l’absence de recours au test de dépistage chez les personnes en couple ayant pris un risque avec un partenaire extérieur.

Inciter les couples gays à dialoguer et passer les bons accords dans le domaine de la prévention pourrait contribuer à infléchir les tendances actuelles alarmantes de l’épidémie.

Contact: Antonio ALEXANDRE – 01 44 59 81 01