Bachelot "effrayée" par le VIH chez les gays

Communiqués 200815 janvier 2008
25ans après l’identification des premiers cas de sida et 10 ans après l’arrivée des multi-thérapies antirétrovirales, l’infection à VIH semble marquer le pas en France ! Le nombre de nouveaux diagnostics VIH en 2006 est en légère baisse : 6300 cas contre 6700 en 2005. Mais hélas, concernant les gays, les chiffres ne sont pas bons. Le nombre de nouveaux diagnostics parmi la population homosexuelle est près de 70 fois plus élevé que chez les hétérosexuels et la prévalence du VIH y est près de 100 fois supérieure. « Je suis effrayée par ces chiffres » a déclaré la Ministre de la Santé Roselyne Bachelot, regrettant « l’augmentation des pratiques à risques et les indicateurs préoccupants qui concernent notamment la fréquence des infections sexuellement transmissibles (70 % des cas de syphilis et la totalité des cas de LGV en France) ». Pour le professeur Gilles Brucker, directeur de l’InVS (Institut de Veille Sanitaire), « il faut impérativement promouvoir toutes les stratégies de réduction des risques et rester intransigeant sur la protection des rapports sexuels, surtout lors des rencontres nouvelles, par Internet ou dans les lieux dédiés, où le multi partenariat et la baisse de vigilance génèrent une part majeure de ces nouveaux diagnostics ». Un autre spécialiste de l’InVS prévient encore : « Les hommes homosexuels restent la seule population pour laquelle on n’observe pas de diminution des découvertes de séropositivité et la seule pour laquelle l’âge moyen au diagnostic n’augmente pas, signe d’un renouvellement plus important des séropositifs dans cette population ».
2 330 homosexuels ont découvert leur séropositivité en 2006, soit 500 de plus qu’en 2005. Ces chiffres, cette année encore, sont angoissants. Ils continuent de traduire un dérapage et une banalisation des pratiques à risques dans notre communauté. Rien ne semble vouloir infléchir cette courbe de nouvelles contaminations, année après année, génération après génération. Alors, tous les acteurs, commerciaux et associatifs, doivent rapidement nouer un pacte de mobilisation générale en mettant au centre la personne, le client, l’usager.
D’une part, dans les commerces de sexe, la prévention doit être partout optimale, sans ambiguïté. D’autre part, les associations de terrain doivent pouvoir intervenir afin de mettre en place un contact de proximité afin d’accompagner les personnes pour qui la prévention est difficile. Nous devons nous imprégner et prendre en compte l’histoire de chacun pour optimiser nos actions. Aucune piste ne doit être négligée pour changer les comportements et faire infléchir cette courbe ascendante.Cette fois, nos lieux de sexe sont pointés du doigt par le directeur de l’InVS comme un vecteur important dans le chiffre des nouvelles contaminations. Alors, resserrons les rangs pour une meilleure qualité de la mise en place de la prévention, mobilisons notre clientèle et arrêtons nos querelles avec les associations de terrain intervenant dans le champ du sida.Soyons partenaires, agissons vite et fort, ensemble, chacun dans son objet, il y va de la vie, tout simplement.

Antonio Alexandre,
Directeur National Prévention