L'avis du Conseil National du Sida

Communiqués 200516 janvier 2008
Extrait du mailing adressé par le SNEG à l’ensemble des lieux sexe (novembre 2005)

Rapport du Conseil National du Sida
(professeur Willy ROZENBAUM, président)

Recommandations pour une meilleure application de la politique publique de prévention de l’infection à VIH.
« Imposer aux établissements commerciaux de sexe la mise à disposition gratuite de matériel de prévention »

La prévention dans les établissements commerciaux de sexe relève du bon vouloir des propriétaires et de l’engagement de quelques associations. En s’appuyant sur les articles L 221-1 du code de la consommation et L 1311-4 du code de la santé publique, un cadre réglementaire garantissant aux personnes qui les fréquentent la mise à disposition du matériel de prévention et d’information doit être rapidement défini et mis en oeuvre » (…)

« Le SNEG doit porter une parole publique sur la prévention dépourvue d’ambiguïté »

En dépit d’un engagement très ancien dans la prévention, le SNEG occupe une position ambiguë entre organisation professionnelle et acteur de la prévention. Cette ambiguïté est accentuée par l’activité de certains adhérents du syndicat dont les revenus proviennent d’établissements commerciaux de sexe dans lesquels on constate des prises de risques. « Compte tenu du niveau de prévalence de l’infection VIH chez les gais, la responsabilité pleine et entière de l’ensemble des entreprises dans la prévention doit être affirmée … » (…)

« Ce syndicat tient donc une position d’équilibriste entre activités d’une organisation professionnelle qui offre un service de loisirs et celles d’une association qui doit maîtriser les excès de ces loisirs. Les adhérents du SNEG sont des promoteurs des relations sexuelles, il est donc normal qu’ils assument le coût engendré par la prévention des risques qu’ils font prendre à leurs clients. Le SNEG a initié la mise à disposition des préservatifs dans les bars et a contribué à modifier la loi. Au fil des années, il a su s’adapter au développement du commerce de sexe. Il est aujourd’hui légitime d’attendre de ce syndicat qu’il (re) prenne la pleine mesure de l’épidémie chez les gais et de la place du commerce de sexe dans cette épidémie, ainsi que de l’évolution des comportements. En concertation avec les autorités publiques, il doit contribuer à rendre la Charte obligatoire. Il est nécessaire de renforcer la sensibilisation des adhérents et de clarifier la position à l’égard de la prévention des adhérents qui distribuent des vidéos pornos non safe. Compte tenu du développement des usages d’Internet, les adhérents du SNEG de ce secteur doivent poursuivre les efforts de prévention ».

« A la lecture de ces recommandations adressées au Ministre de la Santé, nous devons être exemplaires face aux enjeux de santé publique. Pour cela, nous devons notamment cesser de nous cacher la vérité face à la reprise de l’épidémie, de nous retrancher derrière de faux prétextes, de fausses excuses, autant de comportement qui ne sauveront jamais personne et mettent en péril la survie même de nos établissements ».