Alerte Hépatite C

Campagnes VIH & IST : gay & friendly, Communiqués 20082 avril 2008
UNE ALERTE HEPATITE C QUI CONCERNE LA COMMUNAUTE GAY
ET PLUS PARTICULIEREMENT DES GAYS SEROPOSITIFS !

Le SNEG Prévention lance dans les établissements communautaires gays une campagne d’information et d’incitation au dépistage du Virus de l’Hépatite C (VHC) en partenariat avec la Direction Générale de la Santé (Ministère de la Santé)

Le SNEG Prévention est préoccupé par les résultats intermédiaires de l’enquête HEPAIG (estimation de l’incidence des hépatites C aiguës parmi les homosexuels pris en charge pour une infection par le VIH en France, en 2006 et 2007) réalisée par l’Institut National de Veille Sanitaire et des témoignages de personnes concernées et de médecins.

Cette enquête HEPAIG décrit la survenue d’une soixantaine de cas d’hépatite virale C chez des homosexuels masculins, séropositifs pour le VIH. Ces hommes résident principalement en région Ile-de-France, Rhône-Alpes et Lille, il s ne sont pas des injecteurs de drogue. Les témoignages recueillis vont dans le même sens.

Ces informations nous conduisent à lancer une alerte spécifique VHC en direction des gays séropositifs, séronégatifs et séro-indéterminés afin de leur transmettre rapidement les informations disponibles à ce jour et leur permettre de réagir.

Pourquoi les gays séropos seraient-ils touchés ?

L’hépatite C est une infection à transmission essentiellement par voie sanguine et accessoirement par voie sexuelle. Cette transmission sexuelle est particulièrement observée chez des hommes séropositifs pour le VIH, avec ou sans traitement anti-VIH, avec une charge virale «détectable» tout comme «indétectable», le plus souvent ayant des rapports anaux non protégés, multiples, parfois traumatiques et / ou sanglants pour les muqueuses. L’infection par le VIH semble rendre les personnes séropositives particulièrement vulnérables à la contamination supplémentaire par le VHC.

Nous souhaitons alerter l’ensemble des gays et notamment les gays séropositifs plus vulnérables, afin que chacun s’interroge sur ses pratiques et prenne en compte ce risque particulier, nouveau pour notre communauté, de l’infection par le VHC.

Il est nécessaire de rappeler que l’utilisation de préservatifs et de gants pour toute pénétration anale protège du risque de transmission sexuelle d’infections. L’hépatite C peut être traitée, parfois guérie ou exposer au risque de cirrhose et de cancer du foie. Le traitement d’une hépatite C est plus difficile à supporter que les traitements actuels contre le VIH.

Par ailleurs, la co-infection VHC et VIH est source de complications avérées dans la prise en charge des personnes co-infectées en réduisant l’efficacité des différentes combinaisons thérapeutiques dont disposent les médecins à ce jour. Les effets secondaires des deux infections et de leurs traitements respectifs limitent en effet souvent la palette de médicaments dont pourrait bénéficier une personne soit uniquement séropositive au VHC ou uniquement séropositive au VIH.

Il apparaît donc désormais nécessaire de prendre en compte le risque d’hépatite C en cas de risque sexuel et d’en promouvoir le dépistage régulier du VHC pour les gays séropositifs pour le VIH et de l’envisager pour les gays séronégatifs ou séro-indéterminés ayant eu des pratiques sexuelles traumatiques et / ou non protégées.
Pour limiter les risques de contaminations par le VIH et les IST liés à la pénétration : Utilisez des préservatifs et du lubrifiant à base d’eau ou de silicone du début à la fin de chaque pénétration, changez de préservatif à chaque partenaire.

Pour limiter les risques de transmission du VIH et des IST liés au fist : Utilisez des gants et un lubrifiant compatible, ne pas utiliser le même gant pour plusieurs partenaires, ainsi que la même crème si elle est en pot.

Contact : Antonio ALEXANDRE, 01 44 59 81 01