Blennoragie – Chlamydiae – Gonococcie

VIH & IST - Fiches12 septembre 2016

LA BLENNORAGIE :

Ce terme médical est descriptif des symptômes. Il est composé des racines grecques « rhagie » (= écoulement) et de « blenno » (= pus). Une blennorragie est donc un écoulement de pus, souvent douloureux, au niveau de l’urètre (= urétrite), ou de l’anus et du rectum (= anorectite) ou du vagin (= vaginite). Quand cette blennorragie est très douloureuse et l’écoulement jaune, c’est le plus souvent la bactérie appelée gonocoque qui en est responsable, (infection = gonococcie), tandis qu’une blennorragie peu douloureuse avec un écoulement clair ou transparent est plus souvent provoquée par la bactérie chlamydiae trachomatis (infection = chlamydiose). Cependant, fréquemment, les deux bactéries sont associées, mais les symptômes plus douloureux liés au gonocoque dominent ou cachent ceux liés au Chlamydiae.

LA GONOCOCCIE

De quoi s’agit-il ?
La gonorrhée ou gonococcie est une infection d’origine bactérienne sexuellement transmissible. La bactérie s’appelle le gonocoque ou neisseria gonorrhoeae, bactérie qui vit à la surface des muqueuses infectées : urètre, vagin, anus, rectum, gorge. Elle provoque chez l’homme, deux à huit jours après contamination, un écoulement important de pus jaune-blanc au niveau du méat urinaire (extrémité du pénis). Les sensations ressenties sont des douleurs souvent violentes en urinant, d’où les expressions « pisser des lames de rasoirs » et « chaude-pisse ». Ce sont les signes d’une infection du l’urètre appelée urétrite. L’urètre est le canal à l’intérieur du pénis qu’empreinte l’urine ou le sperme pour sortir.

Signes et symptômes
Ecoulement abondant, douleurs fréquentes et intenses en urinant (« chaude-pisse », urétrite), une irritation de l’anus et du rectum (ano-rectite).

Localisation chez l’homme
Urètre, rectum, anus (anite) et gorge (pharyngite). Infection généralisée possible (septicémie).

Particularités
Symptômes apparaissant 2 à 8 jours après contamination.

Transmission
Bactérie, le gonocoque se transmet par rapport sexuel non ou insuffisamment protégé. Rapports sexuels avec pénétration (bouche ou anus) non protégés, contact avec les zones infectées et auto-infection en se touchant la bouche, l’anus ou le pénis sans s’être lavé les mains, fellation, anulingus.

Examens de dépistage
Diagnostic visuel par le médecin, prélèvement local de l’écoulement, parfois une analyse d’urine en cas de doute. Un bilan des autres IST (VIH, VHB, VHC, VHA, syphilis, condylomes) doit être systématiquement réalisé.

Traitement
Antibiotique en 1 injection intramusculaire (Ceftriaxone 1 gramme) ou traitement antibiotique (Cefixime) par voie orale de 1 à 5 jours, hospitalisation si infection généralisée. Le médecin vous conseillera d’interrompre les rapports sexuels jusqu’à ce que vous et votre (vos) partenaire(s) soyez totalement guéris. Comme avec toutes les IST, tous vos partenaires récents (3 semaines avant l’apparition des premiers symptômes) doivent être traités systématiquement. Le traitement permet la guérison complète mais ne protège pas d’une nouvelle infection. Le traitement intra musculaire, plus douloureux, est préférable aux traitements oraux pendant 5 jours en raison de l’apparition de résistance aux antibiotiques oraux en Europe.

Prévention
Utilisation de préservatifs systématique pour tous les rapports sexuels, dépistage en cas de symptômes, information du ou des partenaires. Il n’existe pas de vaccin disponible.

LA CHLAMYDIOSE

De quoi s’agit-il ?
C’est l’IST la plus fréquente. Elle est provoquée par une bactérie : Chlamydiae trachomatis qui vit à la surface des muqueuses infectées : urètre, vagin, anus et rectum, gorge.

Signes et symptômes
Il peut n’y en avoir aucun, d’où la nécessité des contrôles de routine : analyse d’urine à la recherche de chlamydiae (utile seulement en cas de brûlures en urinant), prélèvement de gorge et prélèvement anal, test de dépistage sanguin des anticorps anti-Chlamydiae trachomatis pour dépister les infections profondes. Quand cette bactérie est présente, les symptômes sont ceux de l’urétrite mais avec des signes atténués : écoulement faible et intermittent, parfois accompagné de douleurs modérées, envies d’uriner plus fréquentes, parfois nocturnes. Cependant de nombreuses infections sont totalement sans symptômes (= asymptomatiques). L’infection du rectum peut provoquer une ulcération locale qui peut faire croire à une fissure anale, un suintement de sang et de pus, des douleurs intermittentes, parfois violentes et éprouvantes. Certaines Chlamydiae trachomatis provoquent une maladie particulière et sévère : la Lympho Granulomatose Vénérienne ou LGV appelée aussi maladie de Nicolas-Favre qui se traduit par une ano-rectite, un écoulement de pus au niveau de l’anus, souvent l’apparition de gros ganglions (= adénopathies) au niveau de l’aine, de la fièvre (température du corps supérieure à 38°C), des frissons, une sensation de malaise.

Localisation chez l’homme
Anus et rectum le plus souvent (rectite), urètre (urétrite), épididyme et testicule (orchiépididymite), gorge (pharyngite, parfois sans symptôme).

Particularités
Symptômes apparaissant deux semaines ou davantage après contamination, parfois aucun symptôme (asymptomatique), parfois signes d’infection sévère (foie, abdomen, yeux) avec fièvre (LGV).

Transmission
Chlamydiae trachomatis se transmet par rapport sexuel non ou insuffisamment protégé. Rapports sexuels avec pénétration (bouche ou anus) non protégés, contact avec les zones infectées et auto-infection en vous touchant la bouche, l’anus ou le pénis sans vous être lavé les mains, fellation, anulingus…

Examens de dépistage
Le médecin vous demandera un échantillon d’urine et effectuera des prélèvements de l’écoulement et sur les zones infectées. Le test sanguin (sérologie chlamydiae trachomatis) s’avère utile quand il n’y a aucun ou peu de symptômes.

Traitement
Certains antibiotiques (doxycycline) sont habituellement efficaces. Selon la localisation et la sévérité de l’infection, le traitement peut durer trois à six semaines. Le médecin vous conseillera d’interrompre les rapports sexuels jusqu’à ce que vous et votre (vos) partenaire(s) soyez totalement guéris. Comme avec toutes les IST, tous vos partenaires récents doivent consulter et être systématiquement traités. Le traitement permet la guérison complète mais ne protège pas d’une nouvelle infection.

Prévention
Utilisation de préservatifs systématique pour tous les rapports sexuels, dépistage en cas de symptômes, information du ou des partenaires. Il n’existe pas de vaccin disponible .

Fiche réalisée par :

Antonio Alexandre
Directeur National Prévention

Dr Jean Derouineau
Institut Alfred Fournier, Paris
www.institutfournier.org