Condylomes ou « crêtes de coq »

VIH & IST - Fiches13 septembre 2016

Qu’est-ce que c’est ?

C’est une infection sexuellement transmissible (IST) causée par des virus de la famille des PapillomaVirus Humains ou PVH ou HPV pour Human Papilloma Virus en anglais plus usité.

Comment identifier cette IST ?

L’infection peut rester sans symptômes ou se manifester quelques semaines à quelques mois plus tard par l’apparition de petites excroissances de chair, roses ou pigmentées, fermes, dénommées « condylomes » ou « crêtes de coq » disposées autour de l’anus, sur la verge, les bourses ou dans la région entre les organes génitaux et l’anus, parfois sur les cuisses ou dans la bouche, sur les gencives. Les virus HPV n’infectent que les cellules superficielles de la peau et des muqueuses. Certains provoquent des verrues plantaires, des verrues du visage ou des mains, d’autres ces condylomes fréquents, d’autres encore sont la cause du cancer du col de l’utérus -pour les femmes-, du cancer de l’anus -hommes et femmes- de cancers de la gorge mais aussi, semble-t-il, de nombreux cancers de la peau appelés cancers baso-cellulaires. Chaque type de virus a sa zone élective de développement et de propagation. Le dépistage est actuellement visuel (condylomes) par un médecin dermatologue ou généraliste, parfois sur frottis ano-rectal ou anuscopie, rectoscopie chez un médecin proctologue, biopsie en cas de lésion suspecte d’être cancéreuse. On peut être porteur d’un ou de plusieurs de ces différents HPV ou d’aucun !

Quels risques pour cette IST ?

 

Pas vraiment esthétiques, les condylomes peuvent être en plus ou moins grand nombre, de taille variable, de quelques millimètres jusqu’à plusieurs centimètres autour de l’anus ou du sexe. Ils peuvent s’accompagner d’une sensation de démangeaison, parfois de saignement (au niveau anal en particulier). Le plus souvent, il s’agit d’une maladie indolore et c’est une découverte fortuite, lors de la toilette ou par un partenaire, qui les révèle. Il existe plus de deux cents de papillomavirus différents, dénommés chacun par un numéro. Certains HPV, le 6 et le 11, sont responsables de 90 % des condylomes, tandis que les 16 et 18 par exemple, sont responsables de 70 % des cancers du col de l’utérus et du cancer de l’anus, du pénis et de la gorge chez les hommes comme chez les femmes et de certains cancers de la peau. Ces virus que l’on contracte par la bouche ou le sexe passent dans le sang et viennent se fixer spontanément dans la gorge, l’anus et provoquer des cancers, y compris en l’absence totale de rapports de sodomie.

Comment se transmettent les condylomes (crêtes de coq) ?

Les HPV responsables des condylomes et de cancers se transmettent par contact direct entre des lésions (condylomes) et des muqueuses non infectées, lors d’un rapport sexuel le plus souvent. Attention ! La transmission des HPV peut avoir lieu par simple contact (préliminaires) ou être transmis par les doigts ayant auparavant touché des condylomes, voire du linge de toilette souillé ou des objets à usage intime ou sexuel.

Comment éviter la transmission des condylomes ?

L’usage systématique du préservatif, ne protège que partiellement contre les condylomes en évitant contact entre muqueuses d’un partenaire et lésions éventuelles d’un autre. Il doit s’accompagner de mesures d’hygiène (lavage des mains, gants, digue dentaire) quand le rapport sexuel peut amener un contact direct ou indirect entre des condylomes et les muqueuses d’une autre personne. Depuis 2006, un vaccin existe contre les HPV 6, 11 (responsables de 90 % des condylomes) et les HPV 16 et 18 (cancérigènes).

Comment se traitent les condylomes (crêtes de coq) ?

Les condylomes, dès leur apparition, doivent être éliminés au plus vite par un médecin expérimenté, soit par électrocoagulation, cryothérapie (azote liquide), laser, application locale de crème à base de podophyllotoxine ou d’imiquimod pour les petites lésions. Pour éviter les risques de récidives ou de recontamination, le suivi pendant 9 à 12 mois après traitement est indispensable, de même que le dépistage et le traitement de votre ou vos partenaire(s). Un bilan des autres IST (VIH, VHB, VHC, VHA, syphilis, chlamydiae trachomatis) doit être systématiquement réalisé.

Prévention :

Il existe un vaccin préventif contre les HPV de type 6, 11, 16 et 18, GARDASIL®, actuellement seulement remboursé pour les jeunes femmes de 11 à 19 ans, coûteux, environ 125 € l’injection (et il en faut trois pour être protégé), donc non remboursé actuellement pour les hommes. Des études sont en cours pour évaluer son efficacité chez les hommes VIH négatif et les hommes VIH positif et les premiers résultats montrent une efficacité, même chez des hommes de plus de 25 ans et porteurs du VIH. Ce vaccin est recommandé pour les hommes ayant du sexe avec des hommes (HSH) dans plusieurs pays, notamment les USA et la Grande Bretagne. Il semble souhaitable que tous les gays discutent avec leur médecin traitant de l’intérêt de ce vaccin pour leur cas personnel et envisagent cet investissement pour leur santé. Les condylomes sont difficiles à traiter et sources de souffrances physiques et psychiques, d’autre part le cancer de l’anus, possible dès 35 ans, est une maladie dont le traitement est difficile et douloureux et dont le pronostic global (= guérison) très incertain. Il est probable qu’une diminution du risque de cancer de l’anus, de la gorge et de la peau soit importante, même si l’on se fait vacciner à un âge… avancé ! Il reste à trouver les sous pour se l’offrir…

Fiche réalisée par :

Antonio Alexandre
Directeur National Prévention

Dr Jean Derouineau
Institut Alfred Fournier, Paris
www.institutfournier.org