Gale (Sarcoptes scabiei)

VIH & IST - Fiches13 septembre 2016

La gale, c’est quoi?

La gale est une infection de la peau provoquée à un acarien, Sarcoptes scabiei, qui profite de conditions d’hygiène insuffisantes et de la promiscuité pour se multiplier et se transmettre. Ce parasite est spécifique aux êtres humains.

La femelle sarcopte creuse des galeries dans la couche superficielle de la peau et y pond ses oeufs. C’est la salive du parasite qui provoque des démangeaisons intenses. Ce parasite, très petit, n’est pas visible à l’œil nu mais est visible avec une forte loupe ou un microscope.

Signes et symptômes

Deux à trois semaines après la contamination, surviennent des démangeaisons extrêmes, qui peuvent réveiller la nuit. L’entourage de la personne contaminée se met aussi très rapidement à se gratter car cette infection est extrêmement contagieuse. Si la personne n’est pas traitée, cette gale peut se surinfecter avec le développement de staphylocoques et de streptocoques et provoquer une maladie autre appelée impétigo. Chez les sujets aux défenses immunitaires affaiblies (personnes séropositives pour le VIH), peut se développer la gale dite « norvégienne » : il s’agit d’une forme plus marquée de l’infection parasitaire avec un impétigo diffus. Les lésions sont plus étendues et recouvertes de croûtes, cette forme sévère peut être mortelle.

Localisation chez l’homme

Les démangeaisons se localisent à des endroits caractéristiques : entre les doigts, sur les poignets, sur la face antérieure de l’avant-bras, aux plis des coudes, sous les aisselles, à la ceinture, autour du nombril, sur la face interne des cuisses, sur la partie inférieure des fesses et au niveau du gland. Le dos et le visage sont généralement épargnés.

Transmission

Un simple contact de peau contre peau suffit à transmettre le parasite. De plus, chaleur, humidité et contact prolongé facilitent ce passage. La gale est donc bien souvent la conséquence d’un rapport sexuel, mais pas seulement : la transmission peut aussi se faire par le partage de la literie, de vêtements, de linge de toilette… C’est souvent le signe d’une hygiène défaillante de la personne ou de l’environnement. En effet, le parasite peut survivre environ un à deux jours, voire plus, suivant les conditions d’humidité et de température, en dehors de son hôte, dans les draps, les serviettes ou les vêtements…

Examen de dépistage

Le dépistage se fait par l’observation de « vésicules perlées » sur la peau (petites boursouflures de la taille d’une tête d’épingle contenant du liquide) et des galeries que fait le parasite pour pondre ses œufs. Il est possible que cette infection soit associée à d’autres infections sexuellement transmissibles. Un prélèvement (minime, par grattage, en laboratoire d’analyses médicales) de peau peut permettre le diagnostic en cas de doute.

Traitement

Le sujet atteint devra suivre un traitement ainsi que son entourage, même en l’absence de symptômes. La personne infectée commencera par prendre une douche avec du savon de Marseille. Il s’agit de décaper la couche superficielle de la peau et de rendre accessible l’acarien. Puis il appliquera une lotion antiparasitaire sur toute la surface du corps, de type ASCABIOL® à conserver sur la peau pendant 24 heures sans se laver. Un traitement complémentaire en comprimés (Ivermectine / STROMECTOL®), une fois tous les 10 jours pendant un mois est le plus souvent nécessaire. Un arrêt de travail de 48 heures est souhaitable pour permettre le traitement correct et éviter la contamination de l’entourage… Tout le linge et les vêtements devront être désinfectés en les lavant à 60° ou en les exposant à une poudre antiparasitaire dans un sac pendant 24 heures, à saupoudrer aussi sur les matelas. En cas de surinfection bactérienne des lésions de grattage, des antibiotiques par voie orale (Pristinamycine, ORBENINE®) et une désinfection locale (HEXOMEDINE®) sont indispensables.

Prévention

Le parasite est un acarien. Comme tous ceux de son espèce, il apprécie les tissus. Il adore les serviettes de toilette, les matelas, les draps et autres tissus, même dans les backrooms. Pour éviter sa prolifération, bannir tous les éléments en tissu. Les matelas doivent être recouverts de surfaces plastifiées ou similicuir. Les lits et les banquettes doivent être désinfectés régulièrement. Dans les toilettes, ne pas utiliser de serviette en coton pour s’essuyer les mains. Les remplacer par des serviettes en papier jetables ou des sèche-mains soufflants.

Fiche réalisée par :

Antonio Alexandre

Directeur National Prévention

Dr Jean Derouineau

Institut Alfred Fournier, Paris

www.institutfournier.org