La sophrologie

La sophrologie est  une approche complémentaire en santé qui favorise une prise en charge globale de la personne auprès des publics que nous accompagnons : LGBT+, PVVIH, consommateur de produits psychoactifs.

Les séances de sophrologie permettent de se recentrer sur ses capacités physiques et psychiques en permettant d’acquérir des compétences dans la gestion de ses émotions, de la gestion du stress ….  

Nos sophrologues ont tous suivi une formation d’un minimum de 300 heures. Ils sont détenteurs d’un certificat professionnel permettant d’exercer ce métier. Ces formations peuvent aboutir à l’obtention de la certification au registre du RNCP.

Déroulé d’une séance individuelle

La séance d’environ 45 minutes se déroule dans le calme, en position assise ou debout, en tenue de ville confortable, ne nécessitant pas de prédispositions physiques particulières. Elle se décompose en 3 temps : 

  • Un entretien afin de comprendre le contexte de vie de la personne, recueillir ses attentes et définir un ou plusieurs objectifs, 
  • Des exercices pratiques utilisant des techniques telles que la visualisation et la respiration, auxquelles s’ajoutent mouvements et postures simples,
  • Un moment d’écoute et d’expression du vécu de la séance 

Cet accompagnement s’inscrit dans un parcours défini en fonction des objectifs. Il vise à renforcer l’autonomie de la personne dans sa pratique. 

Cette discipline peut également se pratiquer en groupe.

LGBT+ souhaitant maintenir ou améliorer leur état de santé

Se construire en tant que personne lesbienne, gay, bisexuel·le ou transgenre n’est pas une évolution simple. Elle suppose que l’on intègre un héritage malgré soi : celui d’une longue histoire chargée de discriminations et d’images sociales stéréotypées. L’émergence du sida dans les années 80 a renforcé cette stigmatisation. Être membre d’un groupe marginalisé requiert donc beaucoup d’efforts pour se construire.

Dans son environnement social, lorsqu’un individu est la seule personne trans et/ou homosexuelle, il a un vécu différent des membres de la majorité. Cette personne anticipe tellement les réactions en fonction de sa particularité qu’elle en développe une forme de stress : le stress minoritaire.

Il n’est pas nécessaire d’être stigmatisé·e ouvertement pour souffrir de ce stress. Il suffit juste de penser constamment qu’il est possible d’être, à un moment de sa vie, victime d’une discrimination, voire d’une agression verbale ou physique. Beaucoup de personnes LGBT+ vivent quotidiennement avec ce stress en raison de cette orientation sexuelle différente à la « norme » ou de leur transidentité.

Dans le cadre d’un parcours trans, s’ensuivent des changements sociaux, émotionnels et physiques pouvant engendrer des effets sur les émotions, l’identité et le corps, ainsi que sur les relations avec les autres. 

La sophrologie peut être une réponse pour réduire le stress lié à ce sentiment de discrimination et d’exclusion.

L’une des indications de la sophrologie est d’effectuer un travail sur ces angoisses pour éviter le développement de conduites à risques et addictives (consommation de neuroleptiques, de produits psychoactifs, développement d’une hypersexualité avec prise de risques répétés, etc.), le recours à ces conduites pouvant être un des moyens utilisés pour fuir ce stress et cette veille permanente.

Personnes LGBT+ sujettes à des conduites addictives 

L’addiction est définie comme une pratique inadaptée, persistante et répétée malgré des conséquences négatives qui perturbe l’épanouissement personnel, sexuel, familial ou professionnel. 

Les déterminants sociaux de la santé exposent à des conduites addictives avec ou sans substances. Concernant le public LGBT+, on observe une surreprésentation de la consommation de substances psychoactives (drogues, médicaments, alcool, tabac) et de la dépendance aux sites et applications de rencontres, à la pornographie, au sexting avec un risque majoré de développer une hypersexualité. À cela s’ajoute l’émergence depuis quelques années du phénomène chemsex.

Ces comportements peuvent constituer un marqueur de difficultés pouvant prédire des risques sanitaires, sociaux, une perte du contrôle, un « craving » (une envie irrépressible de consommer) et des symptômes psychologiques et physiques de sevrage. 

En participant entre autres à la gestion des émotions, la sophrologie permet d’accompagner ces personnes dans leur parcours de santé, souvent en complémentarité d’un suivi pluridisciplinaire.

On observe une prévalence du VIH plus élevée auprès des publics HSH, transidentitaires et consommateurs de produits psycho-actifs. La sophrologie peut accompagner ces personnes atteintes de maladie chronique.

Personnes vivant avec une maladie chronique et notamment le VIH :

Les maladies chroniques sont des maladies de longue durée, évolutives, avec un retentissement sur la vie quotidienne. L’OMS les définit comme « des problèmes de santé qui nécessitent des soins sur le long terme et qui comprennent par  exemple : le VIH, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, l’asthme, la broncho-pneumopathie chronique obstructive, le cancer, la dépression et les incapacités physiques. Elles peuvent générer des complications graves et retentir sur les dimensions sociales, psychologiques et économiques de la vie du malade ».

L’annonce d’une maladie chronique peut bouleverser l’équilibre mental et physique.

Les maladies chroniques induisent une rupture souvent brutale entre le corps réel et l’image que le sujet s’en fait. Le diagnostic d’une maladie chronique peut constituer une blessure narcissique avec une atteinte de l’image du corps provenant parfois des traitements et de leurs conséquences ; fatigue physique, atteinte de l’estime de soi, perte d’autonomie…

La sophrologie contribue à l’amélioration de la qualité de vie. Pratiquer la sophrologie incite le sujet à participer à la prise en charge de sa maladie. En effet, pouvoir se connaître, écouter son corps, ses affects, ou encore se focaliser sur l’instant présent, peut conférer aux sujets un sentiment de bien-être et d’apaisement, mais aussi une façon de pouvoir renouer avec soi-même.

Elle peut s’appliquer à des objectifs spécifiques tels que : l’observance thérapeutique, la prévention des complications, la réduction des effets secondaires des traitements, la projection dans le futur avec la maladie et son évolution potentielle.

La sophrologie en action

ENIPSE Paris

Depuis 2018, l’ENIPSE intervient au sein du programme d’Éducation Thérapeutique de Patient au sein de l’Institut Alfred Fournier. Notre sophrologue suit des personnes vivant avec le VIH et/ou souffrant de troubles addictifs.

ENIPSE Occitanie – Toulouse – Albi – Montauban – Castres

En 2015, interventions auprès de femmes consommatrices de produits psychoactifs, usagères d’une association de lutte contre le SIDA, et Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD).

Depuis 2020, possibilité offerte aux  personnels soignants et patientèle des CeGIDD de l’Occitanie (secteur ex Midi-Pyrénées) d’avoir accès à des séances avec notre sophrologue.

ENIPSE PACA – Marseille – Martigues

Actuellement un atelier mensuel à destination des personnes vivant avec le VIH est proposé à Marseille dans les locaux de l’ENIPSE.

Pour faire suite à l’action innovante réalisée à l’hôpital de Martigues de 2017 à 2019 de nouvelles séances sont mises en place au CISIH de l’hôpital Ste Marguerite à partir de 2021.

ENIPSE Bretagne – Brest

Des ateliers de sophrologie sont en cours de mise en place au sein du SMIT du CHRU de Brest, dans le cadre d’un programme d’éducation thérapeutique ETP, auprès de personnes vivant avec le VIH. 

Pourquoi pratiquer la sophrologie ? 

“Je prends conscience que ma consommation de drogue et d’alcool augmente. J’ai peur de basculer dans une addiction.” 

“J’ai l’impression que mes collègues de travail ne sont pas capables d’accepter mon orientation sexuelle. Ils font des blagues lourdes sur les homosexuels Je me sens mal.”

“Je supporte difficilement l’idée de vieillir. Je n’accepte plus mon corps.”

“Le regard des gens sur mon orientation sexuelle me pèse.”

“Je viens d’apprendre que je suis séropositif. Je me sens coupable. J’appréhende l’avenir.” 

“J’ai du mal à me remettre d’un décès.”

“L’idée de faire un test de dépistage du VIH/IST m’angoisse.”

Ils ont témoigné suite aux séances

« Pour la première fois depuis des années, j’ai oublié mon addiction ». « C’est la première fois que je voyage sans produits »

« Après la première séance de sophro, j’ai dormi alors que j’étais en manque, mais je n’avais pas envie de courir au quartier. Et ça a été ». 

« Avec la sophrologie, je travaille mon bien-être. Ça me permet de prendre conscience de mon corps. Ça m’aide à être bien dans ma tête et donc dans mon corps. Un lien de confiance se crée avec les autres femmes. Je ne pensais pas, mais ça m’aide dans mon estime de moi. Ça me permet de faire un break dans mon addiction »

“J’ai plus d’énergie. Je suis plus motivée. Je suis plus calme et détendue. J’aborde des situations avec plus de recul.”